Quel arbre et quel arbuste planter en octobre ?

En octobre c’est le début de l’automne, quoi planter en octobre ? que semer en octobre ? Dans son potager, dans son jardin, il faut s’adapter aux baisses des températures. Il est important d’aménager et de préparer au mieux afin d'anticiper le froid de l'automne et de commencer à se préparer pour l’hiver.

AU SOMMAIRE :

 

Vous vous demandez quel arbre planter en octobre ? C’est la meilleure question à se poser au bon moment : l’automne ouvre la plus longue fenêtre de plantation de l’année, celle où le sol reste encore chaud en profondeur, où les végétaux caducs amorcent leur repos végétatif et où les pluies d’automne prennent le relais de l’arrosage. Un arbre installé à l’automne développe ses racines tout l’hiver, sans subir le stress hydrique d’un été, et repart au printemps avec une avance considérable sur un sujet planté en avril.

Que vous soyez maraîchers expérimentés, agriculteurs et éleveurs cherchant un brise-vue ou un alignement agroforestier, ou jardiniers amateurs qui préparent la structure de leur jardin pour les dix prochaines années, octobre est le mois où l’on plante pour de bon. Vous trouverez ici les espèces d’arbres et d’arbustes qui acceptent – et même apprécient – une mise en terre automnale, leurs exigences de sol, d’exposition et d’arrosage, les distances à respecter, les erreurs qui compromettent une reprise, et un rappel condensé de ce que l’on peut encore semer ou repiquer en octobre, y compris sous abri.

En bref

  • Octobre convient à la plupart des arbres et arbustes en conteneur ou en motte ; pour les caducs à racines nues, attendez la chute complète des feuilles.
  • Les persistants et conifères gagnent même à être plantés tôt en automne : ils s’enracinent avant les grands froids.
  • Arbres caducs d’ornement, arbres fruitiers, arbustes à fleurs, persistants de haie : chaque catégorie a ses valeurs sûres d’octobre.
  • La réussite tient à trois gestes : un trou large et ameubli, un collet jamais enterré, un paillage maintenu à distance du tronc.
  • Comptez 10 à 12 m entre deux fruitiers de haute tige, 40 à 80 cm entre deux plants de haie, et 0,50 à 2 m d’une limite de propriété selon la hauteur adulte.
  • Pensez dès maintenant à la protection hivernale : voile d’hivernage perméable, gaine anti-rongeurs, tuteurage solide.

 

Pourquoi planter un arbre en octobre est le bon calcul

L’argument est physiologique avant d’être commercial. À l’automne, la terre conserve la chaleur accumulée pendant l’été : les racines continuent de s’allonger alors que la partie aérienne est au ralenti. Les forestiers de l’ONF rappellent que l’automne est la saison où ils préparent les plantations, récoltent les graines et travaillent le sol pour faciliter le développement racinaire – la plantation de peuplements s’échelonne ensuite sur la fin de l’automne et l’hiver, hors gel (ONF, « Un automne en forêt »). Pour un jardin ou une exploitation, la logique est identique : planter un arbre en octobre le fait travailler pour vous tout l’hiver.

Le calendrier exact dépend du conditionnement, et c’est le point que l’on oublie le plus souvent :

  • En conteneur : la motte protège les racines, la fenêtre est donc large ; l’automne reste la période la plus favorable, à condition d’éviter le gel, la canicule et la sécheresse (le meilleur temps reste une journée grise et humide).
  • En motte : plantation à privilégier pendant le repos végétatif, à l’automne, en évitant les sols détrempés.
  • À racines nues : pour un feuillu caduc, mieux vaut attendre la chute des feuilles, donc plutôt novembre, et protéger les racines du dessèchement entre la livraison et la mise en terre.
  • Persistants et conifères : une plantation précoce en automne, septembre-octobre, leur laisse le temps de s’installer avant l’hiver ; l’alternative est mars-avril (Eau en Seine-et-Marne, guide de plantation).

Un dernier réflexe utile : un jeune sujet reprend mieux qu’un gros calibre, souvent vendu plus cher et plus difficile à réinstaller. Et lorsque vous hésitez encore, retenez qu’un arbre à planter en octobre en conteneur, choisi pour votre sol et votre climat, vous fera gagner une à deux saisons de croissance sur le même arbre planté au printemps.

 

Quel arbre planter en octobre : les caducs d’ornement

Vous trouverez dans cette famille les sujets les plus structurants du jardin, ceux qui donnent le volume, l’ombre d’été et le feuillage d’automne. Tous se plantent en octobre en conteneur ou en motte ; les sujets à racines nues attendront la chute des feuilles.

arbre erable

Érable (Acer platanoides, Acer campestre, Acer rubrum)

  • Sol : profond, frais et fertile ; Acer rubrum préfère les terres acides à neutres, Acer campestre tolère les sols lourds et calcaires.
  • Exposition : soleil à mi-ombre, à l’abri des vents secs pour les variétés à feuillage rouge.
  • Entretien : taille de formation légère, suppression du bois mort ; l’érable champêtre supporte très bien la taille et peut être conduit en haie haute.
  • Arrosage : régulier les deux premières années, surtout en sol superficiel.
  • Feuillage : caduc, jaune d’or à rouge flamboyant en octobre-novembre.
  • Hauteur et largeur à maturité : 8 à 12 m pour l’érable champêtre, 15 à 20 m pour l’érable plane, largeur 6 à 12 m.

chêne

Chêne (Quercus robur, Quercus petraea, Quercus rubra)

  • Sol : profond et frais ; le chêne pédonculé accepte les argiles, le chêne sessile les terres pauvres et acides.
  • Exposition : plein soleil.
  • Entretien : quasi nul, hormis l’élagage progressif des branches basses sur trois ou quatre ans pour former un tronc propre.
  • Arrosage : copieux les deux premiers étés, puis autonome.
  • Feuillage : caduc, vert puis bronze ; le chêne rouge d’Amérique vire au rouge écarlate.
  • Hauteur et largeur à maturité : 20 à 30 m, largeur 15 à 20 m – un arbre de parc, à réserver aux grandes parcelles.

feuilles et fleurs de tilleul

Tilleul (Tilia cordata, Tilia platyphyllos)

  • Sol : profond, frais, riche ; le tilleul à grandes feuilles supporte le calcaire.
  • Exposition : soleil à mi-ombre.
  • Entretien : taille de formation, puis taille douce ; supporte bien la conduite en rideau ou en demi-tige taillée.
  • Arrosage : régulier la première année.
  • Feuillage et floraison : caduc, floraison parfumée et mellifère en juin-juillet ; attention au miellat des pucerons qui tache les surfaces sous l’arbre.
  • Hauteur et largeur à maturité : 20 à 30 m, largeur 10 à 15 m.

arbre a savon

Arbre à savon 

Avec son feuillage vert foncé qui devient jaune orangé à l’automne, il est résistant au froid. Il permet également de repousser certains insectes.

  • Sol : profond, léger, drainé, neutre à légèrement acide.
  • Exposition : plein soleil, situation abritée du vent froid.
  • Entretien : faible ; supprimez seulement le bois mort et les branches mal orientées.
  • Arrosage : régulier les premières années.
  • Feuillage et floraison : caduc, jaune d’or à l’automne ; discrètes fleurs crème en été suivies de fruits mûrs à l’automne, les fameuses « noix de lavage ».
  • Hauteur et largeur à maturité : 10 à 15 m, largeur 6 à 8 m ; rusticité limitée, à réserver aux situations douces et abritées.

Que semer en octobre

Ginkgo Biloba 

Forte résistance au temps, aux parasites et à la pollution. Il est préférable de le planter en automne ou au printemps.

  • Sol : profond, drainé ; tolère le calcaire, la pollution et le vent.
  • Exposition : plein soleil.
  • Entretien : presque aucun ; préférez un cultivar mâle pour éviter les fruits charnus malodorants.
  • Arrosage : modéré, l’arbre devient résistant à la sécheresse une fois installé.
  • Feuillage : caduc, jaune d’or lumineux en une seule vague à l’automne.
  • Hauteur et largeur à maturité : 15 à 25 m, largeur 6 à 10 m ; des cultivars plus compacts restent sous 12 m.

Que semer en octobre

Liquidambar 

Avec de belles couleurs d’automne, il convient à toutes sortes de jardins. Il est très rustique et demande peu d’entretien. Il est préférable de le planter en automne.

  • Sol : frais, profond, acide à neutre ; évitez les sols calcaires secs et compactés.
  • Exposition : soleil, à l’abri du vent pour préserver la coloration automnale.
  • Entretien : taille de formation, retrait du bois mort.
  • Arrosage : régulier les deux à trois premières années.
  • Feuillage : caduc, l’un des plus spectaculaires du jardin, rouge pourpre en octobre-novembre.
  • Hauteur et largeur à maturité : 15 à 20 m (jusqu’à 25 m en sol riche), largeur 8 à 10 m.

Les arbres fruitiers à planter en octobre

Le verger se plante à l’automne, et octobre est le mois idéal pour les sujets vendus en conteneur ou en motte. Les arbres fruitiers partagent une règle simple : un sol profond, drainé, un plein soleil et, pour beaucoup d’entre eux, un second arbre pollinisateur d’une autre variété. Trois exigences reviennent pour tous : le point de greffe reste au-dessus du sol, jamais enterré, le tuteurage tient l’arbre droit pendant ses premières années, et le paillage au pied limite la concurrence des adventices et les besoins en eau.

arbres pommiers

Pommier (Malus domestica)

  • Sol : profond, frais, drainé, pH 6 à 7 ; évitez les sols asphyxiants et trop calcaires.
  • Exposition : plein soleil.
  • Entretien : taille de formation en hiver, éclaircissage des fruits, surveillance de la tavelure et du carpocapse.
  • Arrosage : copieux les deux premières années, puis ciblé en cas de sécheresse.
  • Floraison : blanc rosé en avril-mai ; prévoyez un pollinisateur compatible.
  • Hauteur et largeur à maturité : 2 à 3 m pour les formes basses palissées, 6 à 8 m pour une haute tige, largeur 3 à 8 m selon le porte-greffe.

feuilles et fruit du poirier

Poirier (Pyrus communis)

  • Sol : profond, frais, drainé ; évitez les sols très calcaires qui provoquent la chlorose.
  • Exposition : plein soleil, situation abritée des gelées printanières.
  • Entretien : taille en hiver, surveillance de la tavelure et du psylle.
  • Arrosage : régulier la première année, puis selon la pluviométrie.
  • Floraison : blanc, mars-avril ; la majorité des poiriers exigent un pollinisateur d’une autre variété.
  • Hauteur et largeur à maturité : 4 à 8 m, largeur 4 à 8 m.

amandier

Amandier

  • Sol : léger, caillouteux, drainé, calcaire et sec ; les sols lourds et humides lui sont fatals.
  • Exposition : plein soleil, situation chaude et abritée.
  • Entretien : taille après floraison, suppression du bois mort.
  • Arrosage : faible ; un excès d’eau en été favorise les maladies racinaires.
  • Floraison : blanc rosé, très précoce (février-mars), donc sensible au gel printanier.
  • Hauteur et largeur à maturité : 6 à 8 m, largeur 5 à 6 m.

cerises sur une branche

Cerisier (Prunus avium)

  • Sol : profond, drainé, plutôt frais.
  • Exposition : plein soleil.
  • Entretien : taille après récolte, en août-septembre, pour limiter gommose et moniliose.
  • Arrosage : modéré ; évitez les excès qui font éclater les fruits.
  • Floraison : blanc, avril ; les variétés autofertiles restent rares chez les bigarreaux, prévoyez un pollinisateur.
  • Hauteur et largeur à maturité : 5 à 10 m, largeur 5 à 8 m.

arbre prunier

Prunier (Prunus domestica)

  • Sol : profond, frais, drainé, pH neutre.
  • Exposition : plein soleil.
  • Entretien : taille très légère, de préférence à la fin de l’hiver ; les grosses coupes favorisent la gommose.
  • Arrosage : modéré, régulier la première année.
  • Floraison : blanc, mars-avril ; de nombreuses variétés sont autofertiles.
  • Hauteur et largeur à maturité : 3 à 5 m en basse tige, largeur 3 à 5 m.

Quel arbuste planter en octobre : les arbustes à fleurs

hortensia bleu

Hortensia (Hydrangea macrophylla, H. paniculata, H. quercifolia)

  • Sol : frais, humifère, riche, plutôt acide ; la couleur des fleurs dépend du pH, bleue en sol acide, rose en sol calcaire.
  • Exposition : mi-ombre, à l’abri des vents desséchants.
  • Entretien : pour macrophylla, ne taillez que les rameaux ayant fleuri, en fin d’hiver ; rabattez paniculata plus franchement à la même période.
  • Arrosage : régulier et généreux, jamais de dessèchement complet ; un paillage épais est indispensable.
  • Floraison : été, de juin à octobre selon les espèces.
  • Hauteur et largeur à maturité : 1 à 2,50 m, largeur 1,50 à 2,50 m.

jasmin-seringat

Seringat (Philadelphus)

  • Sol : ordinaire, drainé, même calcaire.
  • Exposition : soleil à mi-ombre.
  • Entretien : taille après floraison, en rabattant les rameaux les plus âgés pour maintenir la vigueur.
  • Arrosage : modéré, un peu plus soutenu la première année.
  • Floraison : blanc, très parfumé, en mai-juin.
  • Hauteur et largeur à maturité : 1,50 à 3 m, largeur 1,50 à 2,50 m.

weigelia arbuste

Weigelia (Weigela florida)

  • Sol : ordinaire, frais, drainé, y compris calcaire.
  • Exposition : soleil à mi-ombre, la floraison est plus dense au soleil.
  • Entretien : taille après floraison, en supprimant un quart des rameaux les plus âgés chaque année.
  • Arrosage : modéré, régulier lors des étés secs.
  • Floraison : rose, rouge ou blanche, de mai à juillet.
  • Hauteur et largeur à maturité : 1,50 à 2,50 m, largeur 1,50 à 2 m.

Pour une haie ou un massif varié, associez ces arbustes à la plantation d’automne en respectant la place de chacun à l’âge adulte : mieux vaut une composition aérée qui se referme en trois ans qu’un massif saturé qu’il faudra éclaircir.

 

Arbustes à planter en octobre : les persistants et brise-vue

arbuste-buis

Buis (Buxus sempervirens)

  • Sol : neutre à calcaire, drainé, même sec et pauvre.
  • Exposition : soleil à ombre ; il reste plus dense à mi-ombre.
  • Entretien : une à deux tailles par an, après la première pousse, et surveillance de la pyrale du buis qui exige un contrôle régulier.
  • Arrosage : modéré, régulier la première année.
  • Feuillage : persistant, petites feuilles vert brillant, port compact.
  • Hauteur et largeur à maturité : 1 à 5 m selon la conduite, largeur 1 à 3 m.

photinia

Photinia (Photinia × fraseri ‘Red Robin’)

  • Sol : ordinaire, frais, drainé ; évitez les sols lourds gorgés d’eau et le calcaire actif excessif.
  • Exposition : plein soleil pour intensifier le rouge des jeunes pousses, mi-ombre tolérée.
  • Entretien : deux à trois tailles par an pour garder la densité et relancer la coloration ; aérez le centre de la plante pour limiter les taches foliaires.
  • Arrosage : régulier les deux premières années.
  • Feuillage : persistant, rouge cuivré puis vert foncé.
  • Hauteur et largeur à maturité : 2 à 4 m, largeur 1,50 à 2,50 m ; espacement de 60 à 80 cm en haie.

eleagnus

Éléagnus (Elaeagnus × ebbingei)

  • Sol : ordinaire, drainé, même pauvre, sec ou salé – un excellent choix en bord de mer et en parcelle ventée.
  • Exposition : soleil à mi-ombre.
  • Entretien : une à deux tailles par an suffisent à maintenir un écran dense.
  • Arrosage : faible une fois repris, arrosages de plantation indispensables.
  • Feuillage : persistant, argenté, très lumineux ; petite floraison automnale discrète et parfumée.
  • Hauteur et largeur à maturité : 2 à 3 m, largeur 2 à 3 m ; espacement de 60 à 80 cm.

Distances de plantation, exposition et préparation du sol

Quelle distance entre deux arbres ?

Il n’existe pas de distance unique : tout dépend de l’espèce, du porte-greffe, de la forme de conduite et de la place que vous pouvez accorder à la couronne adulte. Le repère de base reste simple : à l’âge adulte, les couronnes ne doivent pas se toucher. Les fiches techniques de verger de haute tige recommandent un espacement minimal de 7 m, avec des valeurs indicatives de 10 à 12 m sur le rang pour le pommier et le poirier, 10 à 12 m pour le cerisier et 7 à 10 m pour le prunier et le mirabellier (Chambres d’agriculture, fiche « Prés-vergers »). En pratique, retenez :

  • Grands arbres d’ornement (chêne, tilleul, érable, liquidambar) : 10 à 15 m entre deux sujets, et la même distance d’une construction.
  • Fruitiers de haute tige : 10 à 12 m entre arbres ; 7 à 10 m pour les pruniers.
  • Fruitiers de basse tige : 3 à 5 m, adaptez selon le porte-greffe.
  • Formes palissées : 2 à 4 m le long d’un support.
  • Haie simple : 40 à 80 cm entre plants selon l’espèce et l’effet recherché ; pour une haie plus large que 90 cm, préférez une double rangée en quinconce avec 40 à 50 cm entre les rangs.
  • Verger professionnel : prévoyez un interrang compatible avec le passage des engins de fauche et de récolte, sous peine de blesser les troncs à chaque passage.

Renseignez-vous également sur les distances réglementaires vis-à-vis du voisinage : en l’absence de règles locales, une plantation destinée à dépasser 2 m doit rester à 2 m au moins de la limite séparative, et une plantation de 2 m ou moins à 0,50 m ; la distance se mesure depuis le milieu du tronc. Les règlements locaux, plans d’urbanisme et usages locaux peuvent imposer d’autres valeurs et priment sur cette règle générale : vérifiez auprès de votre mairie (Service-Public.fr, plantation de végétaux). Pensez aussi à la proximité des réseaux, des voiries et des chemins : les fiches techniques conseillent de ne pas planter à moins de 7 m d’une route ou d’un chemin pour éviter d’avoir à tailler les branches qui surplombent.

Exposition : placer la bonne espèce au bon endroit

Avant de creuser, observez votre parcelle pendant une journée entière : nombre d’heures de soleil, zones de gelée blanche, couloirs de vent, sol qui reste humide en hiver. Un arbre mal placé se défend mal, fleurit peu et devient la proie des maladies. Les fruitiers et les végétaux à feuillage coloré réclament le plein soleil, les hortensias et le buis acceptent la mi-ombre, le laurier-palme va jusqu’à l’ombre. Si vous installez un abri ou une serre dans le même secteur, anticipez les ombres portées : le guide « comment installer sa serre de jardin » détaille le choix de l’emplacement, l’orientation et la préparation du terrain pour éviter de déplacer la structure deux ans plus tard.

Préparer le sol et réussir la mise en terre

La préparation fait 80 % de la réussite. Cinq à dix semaines avant la plantation, fragmenter le sol sur 1,5 à 2 m de largeur à l’aide d’un outil à dents permet l’ancrage profond des racines ; on évite en revanche le labour profond, qui détruit la structure du sol (Chambres d’agriculture, prés-vergers). Pour un arbre, un trou d’environ 1 m³ est conseillé – comptez 70 à 80 cm de rayon pour 60 à 70 cm de profondeur – et un demi-mètre de rayon pour un arbuste, en ameublissant les parois sans les lisser. Mélangez la terre extraite à du compost mûr, sans jamais mettre celui-ci en contact direct avec les racines, et prévoyez un drainage de graviers au fond si votre sol est imperméable.

Au moment de la plantation, suivez cette séquence, celle que détaillent les conseils techniques agricoles : habillez les racines en coupant proprement leurs extrémités abîmées, pralinez les sujets à racines nues – un mélange d’un tiers de fumier, un tiers de terre et un tiers d’eau protège les racines des poches d’air, ces cavités qui favorisent les maladies fongiques – puis mettez en terre en plaçant le collet de la tige au niveau du sol, jamais enterré, en tassant légèrement et sans former de cuvette où l’eau stagnerait (Chambre d’agriculture de Bretagne). Pour un arbre fruitier, la greffe de pied doit rester 10 à 15 cm au-dessus du niveau du sol. Ensuite : arrosage copieux, tuteurage si nécessaire – tuteurs que l’on retire au bout de trois ans – et paillage.

Le paillage est le geste qui rentabilise tous les autres : étalé sur un rayon d’environ 1 m autour du plant, il limite la concurrence des adventices, maintient la fraîcheur du sol et protège les racines des premières gelées. Vous trouverez des disques de paillage en fibre de coco, prédécoupés, parfaitement adaptés aux arbustes, jeunes plants de haie et pieds de framboisiers : ils se glissent autour du tronc sans contact avec le collet, ce qui évite les pourritures et les abris à rongeurs. Laissez toujours quelques centimètres libres autour de l’écorce, eau comprise.

Enfin, préparez l’hiver : un voile et une protection d’hivernage perméables à l’air, posés sans serrer, suffisent pour les espèces sensibles et les jeunes sujets. Sur les lignes de plantation, les gaines climatiques de 60 cm protègent efficacement contre les rongeurs, tandis que des gaines de 120 cm agrafées sur piquets sont nécessaires face aux cervidés et au gros gibier.

Les erreurs à éviter en octobre

  1. Planter dans un sol détrempé, gelé ou par vent fort et sec. Ces trois conditions suffisent à faire échouer une reprise, même sur un sujet de qualité.
  2. Enterrer le collet ou le point de greffe. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : elle ouvre la porte aux champignons du sol et à la pourriture du tronc.
  3. Laisser un arbre à racines nues à l’air. Entre la livraison et la plantation, les racines se dessèchent en quelques heures ; mettez-les en jauge, couvertes de terre ou de sable.
  4. Négliger l’arrosage de plantation et l’arrosage d’automne. Un automne sec est fréquent : arrosez copieusement à la mise en terre, puis surveillez. Les premières années, arrosez encore pendant les périodes sèches, y compris en hiver si le temps est doux et sans pluie.
  5. Pailler trop près du tronc. Un paillis collé à l’écorce entretient l’humidité au collet et attire les rongeurs, qui rongent volontiers l’écorce des jeunes arbres en hiver.
  6. Oublier le tuteur ou le laisser à vie. Un jeune arbre tuteuré tient droit et s’ancre correctement ; un tuteur oublié finit par étrangler le tronc.
  7. Tailler sévèrement à la plantation. On se limite au bois mort, aux branches cassées et aux racines abîmées. Une taille drastique sur un sujet qui doit d’abord s’enraciner affaiblit sa reprise.
  8. Replanter un fruitier à la place d’un fruitier mort de maladie. Les foyers infectieux subsistent dans le sol : mieux vaut un arbre ornemental, ou au minimum une autre espèce fruitière.
  9. Ignorer la réglementation de voisinage. Une haie plantée à 50 cm de la limite alors qu’elle dépassera 2 m peut vous être reprochée, même si vous aviez les meilleures intentions.
  10. Choisir une espèce inadaptée au sol ou au climat. Testez votre pH, observez le drainage et, dans un contexte de sécheresses répétées, privilégiez des essences résistantes à la chaleur et au stress hydrique plutôt qu’une espèce habituelle devenue fragile.
  11. Planter au hasard dans un massif ou une haie. Des espèces aux croissances très différentes dans la même ligne donnent un écran irrégulier et compliquent l’entretien : regroupez par vitesse de croissance et par besoins en taille.
  12. Oublier la protection hivernale des sujets sensibles. Pour certaines espèces, une plantation d’octobre sans voile ni gaine, c’est un hiver entier d’exposition au gel et au gibier.

Que planter en octobre : fleurs, légumes, aromates et cultures sous serre

Si vous vous demandez que planter en octobre, arbustes et arbres ne sont pas les seules réponses : le potager, les massifs de vivaces et les aromates profitent aussi de l’automne, à condition de viser les cultures d’hiver et de printemps.

Fleurs et bulbeuses

  • Coréopsis (Coreopsis) : sol ordinaire et drainé, plein soleil, arrosage modéré ; floraison jaune vif de juin à octobre ; 40 à 70 cm de haut. Octobre est un bon mois pour diviser les touffes et replanter les éclats.
  • Scille (Scilla) : sol frais et drainé, mi-ombre à soleil ; plantation des bulbes à 8-10 cm de profondeur de septembre à novembre ; floraison bleue de fin d’hiver au printemps ; 10 à 20 cm de haut. Idéale en bordure et en sous-bois clair.

Légumes

  • Ail blanc : sol léger, meuble, drainé, plein soleil ; plantez les caïeux pointe vers le haut, à 3-4 cm de profondeur, en rangs espacés de 25 cm ; arrosage modéré, récolte en juin-juillet. Un lit d’automne donne des bulbes plus réguliers.
  • Carotte : sol profond, sableux, sans cailloux, frais ; semez les variétés d’hiver en octobre pour une récolte printanière sous climat doux ; éclaircissez sans attendre, maintenez le sol frais par un paillage ; 20 à 30 cm de haut.
  • Artichaut : sol profond, riche, drainé, plein soleil ; plantez les œilletons en octobre dans les régions douces, paillez le pied et protégez-le du gel ; arrosage régulier ; 1 à 1,50 m de haut.

Aromates

  • Menthe : sol frais et riche, mi-ombre ; divisez les touffes ou plantez en octobre ; arrosage régulier, bac conseillé pour contenir ses stolons ; 30 à 60 cm.
  • Marjolaine : sol léger et drainé, plein soleil ; sensible au gel, cultivez-la en pot pour la rentrer sous abri avant les premières gelées ; 30 à 60 cm.
  • Sarriette : sol sec, pauvre et caillouteux, plein soleil ; bouturage possible en automne, protection du pied en hiver ; 20 à 40 cm.

Que planter sous serre en octobre ?

C’est la période idéale pour basculer une partie du potager sous abri. Vous trouverez sous tunnel ou sous châssis de quoi récolter tout l’hiver : mâche, laitues d’hiver, épinards, cresson alénois, roquette, radis de tous les mois, moutarde, ainsi que les aromates en pot que l’on hiverne. Aérez en journée dès que la température monte, refermez avant la nuit et surveillez l’humidité pour limiter les maladies du feuillage. C’est aussi le moment de vérifier le matériel : une bâche de serre fatiguée ou déchirée se remplace avant les grands froids plutôt qu’après une tempête, une mini-serre accueille les semis les plus fragiles, et les serres tunnel professionnelles offrent aux maraîchers l’inertie thermique nécessaire pour enchaîner les cycles d’automne et d’hiver.

Pour aller plus loin, nos guides détaillent la mise en place et la conduite des cultures abritées : tout savoir sur la mini-serre, tout savoir pour réussir sa culture sous serre et serre de jardin : comment choisir. Une serre bien positionnée, bien ventilée et bien arrosée prolonge la saison de plusieurs mois, en complément des plantations d’arbres et d’arbustes réalisées à l’automne.

FAQ : quel arbre et quel arbuste planter en octobre ?

Peut-on planter un arbre en octobre ?

Oui, et c’est même l’une des meilleures périodes de l’année pour les sujets vendus en conteneur ou en motte : la terre est encore chaude, les pluies reviennent et les racines continuent de se développer avant l’hiver. Deux exceptions : attendez la chute des feuilles pour un caduc à racines nues, et évitez toute plantation en sol gelé, détrempé ou pendant un vent fort et sec.

Quel arbre fruitier planter en octobre ?

Pommier, poirier, prunier, cerisier, amandier et petits fruits comme le framboisier se plantent très bien en octobre lorsqu’ils sont en conteneur ou en motte. Privilégiez un sol profond et drainé, le plein soleil, et vérifiez la pollinisation : la majorité des poiriers et beaucoup de pommiers réclament un second arbre d’une variété différente et de floraison simultanée.

Quelle distance entre deux arbres ?

Comptez 10 à 12 m entre deux fruitiers de haute tige – 7 à 10 m pour les pruniers – en veillant à ce que les couronnes ne se touchent pas à l’âge adulte, soit au minimum 7 m pour un pré-verger. Pour les grands arbres d’ornement (chêne, tilleul, érable), prévoyez 10 à 15 m. Pour un arbuste de haie, 40 à 80 cm suffisent, en double rangée en quinconce pour un écran épais.

Faut-il arroser un arbre planté en octobre ?

Oui. L’arrosage de plantation est indispensable, même sous la pluie : il plaque la terre contre les racines et élimine les poches d’air. Ensuite, surveillez : les premières années, arrosez pendant les périodes sèches, y compris en hiver si le temps est doux et sec et que la pluviométrie reste faible. Un paillage maintenu sur environ 1 m de rayon autour du plant réduit fortement ces besoins.

Quel arbuste persistant planter en octobre ?

Pour un brise-vue rapide et durable, le photinia, l’éléagnus, le laurier-palme et, selon la variété, le troène sont d’excellents choix d’octobre, aux côtés du buis pour les bordures structurées. Plantez-les en conteneur, sur un sol drainé, espacez-les de 60 à 80 cm en haie simple, et prévoyez 2 m de recul par rapport à une limite de propriété si l’écran doit dépasser 2 m de hauteur.

Sources utiles

Si vous ne savez pas comment choisir votre serre de jardin, vous pouvez aller voir notre article « serre de jardin : comment choisir » ou notre article « tout savoir sur la mini-serre » si vous souhaitez une serre plus petite.

Après avoir choisi la serre qui vous convient vous pouvez vous informer sur « comment installer sa serre de jardin ».

Et pour les personnes possédant déjà une serre de jardin, ou qui vont en posséder une, il est important de « tout savoir pour réussir sa culture sous serre ».

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